L'illusion nécéssaire au Bonheur.
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L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Voilà dans la foulée de mes autres topiques sur l'esthétique kantienne, l'ivresse chère à Nietzsche et Baudelaire, voici un sujet qui cloitra ( peut être), la série !
Pour comprendre ce sujet il faut se pencher sur l'histoire de la philosophie, et sur les grands paradigmes esthétiques dominants : De Platon à Hegel ( qui je le rappelle considérait qu'il était le dernier philosophe de l'Histoire), l'art est questionné sur un présupposé métaphysique distinguant l'être de l'apparence. Dans sa phénoménalité immédiate la matière doit être rédimée pour être sauvée. Car en tant que matière brute elle a un caractère impur et souillé par la sensibilité trompeuse. Lorsque Hegel dit que le réel est rationnel il ne prétend pas révolutionné la philosophie platonicienne de l'esthétique, c'est l'esprit qui sauve la matière grâce à son exigence d'intelligibilité. Devient donc réel, vrai ( puisque Hegel considère que l'art est messager de la Vérité), ce que l'esprit réussit à spiritualiser.
Cette position est ce qui restera comme un idéalisme métaphysique. Cette position encore très en vogue aujourd'hui présente un certain charme puisqu'il laisse une illusion au spectateur et divise le monde en deux : le monde sensible qu'il faut spiritualiser, et le monde des Idées, comme dit Platon.
On doit à Nietzsche une féroce critique de cela ( et aux autres philosophes du doute : Marx et Freud). Pour lui l'idée d'un Être, substantiel, se cachant derrière les apparences est une fiction. Comme dit dans mon topic précédant le réel pour Nietzsche est un jeu de force, l'esprit étant instrument de la Wille Zur Macht , que l'on traduit Volonté de Puissance. La vie est conçue comme plastique, métamorphosable. La force artiste fait surgir des formes selon son propre intérêt : survivre. Il s'ensuit que pour Nietzsche tout est herméneutique, c'est à dire interprétation. Et c'est là que le génie de Nietzsche se révèle !
Certes tout est interprétation, mais toutes les interprétations ne se valent pas, mensonges utiles et mensonges nuisibles ne sont pas égaux. Le mensonge doit stimuler la vie, alors que d'autres la stérilise. Ainsi Nietzsche parle du christianisme ( toujours avec sa propre définition du terme), comme force castratrice, on donne un espoir dans les "arrières mondes", il aura une rancœur sans précédent contre Socrate sur ce point. La construction d'un monde-vérité, d'un monde des Idées, que l'on peut atteindre en voyant plus loin que les apparences est symptomatique : une incapacité humaine à accepter la réalité comme elle est. C'est à dire, au fond, une incapacité humaine à accepter la Vérité, ou plutôt le fait que la Vérité est illusoire et n'existe pas. Il écrit : " Notre monde c'est plutôt le changeant, le variable, un monde dangereux peut être, certainement plus que le simple, l'immuable, le prévisible, le fixe, tout ce que les philosophies antérieures, héritées des angoisses de troupeau, ont honorés par dessus tout" ( La volonté de Puissance). On voit bien comment Nietzsche oppose sa conception, multiforme, décrivant la vie comme plastique, à une vision idéaliste " prévisible" retirant la spontanéité et l'ivresse de la vie.
Mais attention, dans Le Crépuscule des IdolesNietzsche est conscient de son œuvre, abolir le monde-vérité, c'est détruire le monde des apparences, qui n'existaient que dans les systèmes antérieurs. Il faut désormais comprendre que le réel n'est que ce qu'il est, à savoir la multiplicité des formes dans laquelle la vie se dévoile. Il est donc protéiforme et ses attributs sont à l'opposé de ce que lui accordait la philosophie dite traditionnelle : contradiction, lutte, violence, cruauté, irrationalité, mobilité... Or la capacité digestive de l'homme est prise à défaut, celui ci, nous rappelle Nietzsche, a besoin d'illusion! Du point de vue pragmatique vital la lucidité n'est pas un don, un bien, mais plutôt une malédiction! Il ne faut pas sous estimer la critique des visions rassurantes, la connaissance est dévastatrice. Il ne faut pas être sceptique, ou pessimiste, car c'est dire "non" à la vie, retomber dans les mêmes travers que la religion. Voilà pourquoi il peut être nécessaire de limiter l'instinct de connaissance alors libre par d'autres illusions : " l'instinct de connaissance parvenu à ses limites ( il faut entendre que l'homme est sur le point de tomber dans la folie), se retourne contre lui même, pour en venir à la critique du savoir". Dans le Livre du Philosophe le Philosophe doit montrer que " l'illusion est nécessaire à la vie".
D'où le fait que Nietzsche écrit un éloge paradoxal de l'illusion et de l'apparence. Tout cela pour servir la vie. On retrouve ce propos dans la Seconde considération intempestive ou encore Par delà Bien et Mal. Il faut savoir jouer du masque pour continuer à profiter de la vie, ainsi dans la Naissance de la Tragédie , déjà Nietzsche dit que les grecs sont superficiels.... par profondeur! Le pessimisme dyonisien est surmonté par la forme apollinienne, voilà le dualisme qu'il faut comprendre chez Nietzsche et qui est primordial dans l'histoire de la philosophie. Pour comprendre le fond, il fallait se réfugier dans une forme exacerbée.
Finalement Pour Nietzsche l'art n'est plus le moyen de présentation de la Vérité comme chez Hegel, mais le correctif indispensable à l'instinct de savoir absolu ! Il y'a une citation très connue qui résume cela :" Nous avons l'art afin de ne pas mourir de Vérité". La révélation du génie de Nietzsche est achevée, les formes superficielles de l'art nous témoignent, à travers la forme, retenant le fond dyonisien, et donc dangeureux ( il suffit de lire les anecdotes sur ce dieu sortit de la cuisse de jupiter pour comprendre que sa proximité veut dire folie). L'art est ce qui répond à notre besoin de connaissance, le correctif comme nous avons dit, en mettant en scène des forme pour répondre à notre besoin d'illusion terrestre.
Je trouve que cette analyse nietzschéenne est une des plus grandiose qui fut faite sur l'art.
Pour comprendre ce sujet il faut se pencher sur l'histoire de la philosophie, et sur les grands paradigmes esthétiques dominants : De Platon à Hegel ( qui je le rappelle considérait qu'il était le dernier philosophe de l'Histoire), l'art est questionné sur un présupposé métaphysique distinguant l'être de l'apparence. Dans sa phénoménalité immédiate la matière doit être rédimée pour être sauvée. Car en tant que matière brute elle a un caractère impur et souillé par la sensibilité trompeuse. Lorsque Hegel dit que le réel est rationnel il ne prétend pas révolutionné la philosophie platonicienne de l'esthétique, c'est l'esprit qui sauve la matière grâce à son exigence d'intelligibilité. Devient donc réel, vrai ( puisque Hegel considère que l'art est messager de la Vérité), ce que l'esprit réussit à spiritualiser.
Cette position est ce qui restera comme un idéalisme métaphysique. Cette position encore très en vogue aujourd'hui présente un certain charme puisqu'il laisse une illusion au spectateur et divise le monde en deux : le monde sensible qu'il faut spiritualiser, et le monde des Idées, comme dit Platon.
On doit à Nietzsche une féroce critique de cela ( et aux autres philosophes du doute : Marx et Freud). Pour lui l'idée d'un Être, substantiel, se cachant derrière les apparences est une fiction. Comme dit dans mon topic précédant le réel pour Nietzsche est un jeu de force, l'esprit étant instrument de la Wille Zur Macht , que l'on traduit Volonté de Puissance. La vie est conçue comme plastique, métamorphosable. La force artiste fait surgir des formes selon son propre intérêt : survivre. Il s'ensuit que pour Nietzsche tout est herméneutique, c'est à dire interprétation. Et c'est là que le génie de Nietzsche se révèle !
Certes tout est interprétation, mais toutes les interprétations ne se valent pas, mensonges utiles et mensonges nuisibles ne sont pas égaux. Le mensonge doit stimuler la vie, alors que d'autres la stérilise. Ainsi Nietzsche parle du christianisme ( toujours avec sa propre définition du terme), comme force castratrice, on donne un espoir dans les "arrières mondes", il aura une rancœur sans précédent contre Socrate sur ce point. La construction d'un monde-vérité, d'un monde des Idées, que l'on peut atteindre en voyant plus loin que les apparences est symptomatique : une incapacité humaine à accepter la réalité comme elle est. C'est à dire, au fond, une incapacité humaine à accepter la Vérité, ou plutôt le fait que la Vérité est illusoire et n'existe pas. Il écrit : " Notre monde c'est plutôt le changeant, le variable, un monde dangereux peut être, certainement plus que le simple, l'immuable, le prévisible, le fixe, tout ce que les philosophies antérieures, héritées des angoisses de troupeau, ont honorés par dessus tout" ( La volonté de Puissance). On voit bien comment Nietzsche oppose sa conception, multiforme, décrivant la vie comme plastique, à une vision idéaliste " prévisible" retirant la spontanéité et l'ivresse de la vie.
Mais attention, dans Le Crépuscule des IdolesNietzsche est conscient de son œuvre, abolir le monde-vérité, c'est détruire le monde des apparences, qui n'existaient que dans les systèmes antérieurs. Il faut désormais comprendre que le réel n'est que ce qu'il est, à savoir la multiplicité des formes dans laquelle la vie se dévoile. Il est donc protéiforme et ses attributs sont à l'opposé de ce que lui accordait la philosophie dite traditionnelle : contradiction, lutte, violence, cruauté, irrationalité, mobilité... Or la capacité digestive de l'homme est prise à défaut, celui ci, nous rappelle Nietzsche, a besoin d'illusion! Du point de vue pragmatique vital la lucidité n'est pas un don, un bien, mais plutôt une malédiction! Il ne faut pas sous estimer la critique des visions rassurantes, la connaissance est dévastatrice. Il ne faut pas être sceptique, ou pessimiste, car c'est dire "non" à la vie, retomber dans les mêmes travers que la religion. Voilà pourquoi il peut être nécessaire de limiter l'instinct de connaissance alors libre par d'autres illusions : " l'instinct de connaissance parvenu à ses limites ( il faut entendre que l'homme est sur le point de tomber dans la folie), se retourne contre lui même, pour en venir à la critique du savoir". Dans le Livre du Philosophe le Philosophe doit montrer que " l'illusion est nécessaire à la vie".
D'où le fait que Nietzsche écrit un éloge paradoxal de l'illusion et de l'apparence. Tout cela pour servir la vie. On retrouve ce propos dans la Seconde considération intempestive ou encore Par delà Bien et Mal. Il faut savoir jouer du masque pour continuer à profiter de la vie, ainsi dans la Naissance de la Tragédie , déjà Nietzsche dit que les grecs sont superficiels.... par profondeur! Le pessimisme dyonisien est surmonté par la forme apollinienne, voilà le dualisme qu'il faut comprendre chez Nietzsche et qui est primordial dans l'histoire de la philosophie. Pour comprendre le fond, il fallait se réfugier dans une forme exacerbée.
Finalement Pour Nietzsche l'art n'est plus le moyen de présentation de la Vérité comme chez Hegel, mais le correctif indispensable à l'instinct de savoir absolu ! Il y'a une citation très connue qui résume cela :" Nous avons l'art afin de ne pas mourir de Vérité". La révélation du génie de Nietzsche est achevée, les formes superficielles de l'art nous témoignent, à travers la forme, retenant le fond dyonisien, et donc dangeureux ( il suffit de lire les anecdotes sur ce dieu sortit de la cuisse de jupiter pour comprendre que sa proximité veut dire folie). L'art est ce qui répond à notre besoin de connaissance, le correctif comme nous avons dit, en mettant en scène des forme pour répondre à notre besoin d'illusion terrestre.
Je trouve que cette analyse nietzschéenne est une des plus grandiose qui fut faite sur l'art.

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Date d'inscription: 21/08/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
L'illusion, l'apparence et le paradoxe sont évidemment nécéssaires au bonheur. Crois-tu que nous pourrions survivre dans la lumière aveuglante de la réalité ?
Les pauvres vermisseaux que nous sommes se suicideraient en masse (c'est peut-être une idée, tiens!)
Nietzsche avait une fois de plus raison, le bougre.
Les pauvres vermisseaux que nous sommes se suicideraient en masse (c'est peut-être une idée, tiens!)
Nietzsche avait une fois de plus raison, le bougre.
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"Un cadavre, c'est le résidu-témoin de l'inconscience"
Sri Aurobindo.

grumpythedwarf- Nombre de messages: 8103
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Date d'inscription: 31/07/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Je crois bien qu'il est mort d'avoir toujours raison, c'est assez sensible à la fin de sa vie...
C'est là que prend l'idée de Surhomme que l'on voit apparaitre dans Ainsi parlait Zarathoustra .... D'ailleurs je crois avoir des accents nietzschéen moi même dans mon texte sur Dieu et la liberté, tu l'as lu? J'aimerai bien avoir quelques avis...
C'est là que prend l'idée de Surhomme que l'on voit apparaitre dans Ainsi parlait Zarathoustra .... D'ailleurs je crois avoir des accents nietzschéen moi même dans mon texte sur Dieu et la liberté, tu l'as lu? J'aimerai bien avoir quelques avis...

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Date d'inscription: 21/08/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Oui, effectivement, tu tournes au vinaigre
Prends garde, jeune homme, que la folie ne te guette
Prends garde, jeune homme, que la folie ne te guette

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grumpythedwarf- Nombre de messages: 8103
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Date d'inscription: 31/07/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Aha et pas de commentaires autres? 

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Date d'inscription: 21/08/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Si; que tes lectures et ta culture prennent pas mal d'ampleur.
Je prévois même que tu vas finir à l'Académie, en compagnie des vieilles barbes.
Je prévois même que tu vas finir à l'Académie, en compagnie des vieilles barbes.
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Sri Aurobindo.

grumpythedwarf- Nombre de messages: 8103
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Date d'inscription: 31/07/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Oh non par pitié pas l'Académie ! Pour rester figé rien de pire !

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Date d'inscription: 21/08/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Nathanael écrit :
Je lis ton texte de départ, et je suis " paralysé". Comment dévider un écheveau dont on ne voit pas le début du fil ?
Je crois bien que Nietzsche ( faut déjà écrire son nom !) a émis l'idée que tout philosophe a tendance à élever au général ce qui lui est particulier.
Ce philosophe avait-t-il besoin d'illusion pour être heureux ?
En examinant l'humanité en un lieu ou période, peut-on vérifier cette idée de la nécessité de l'illusion ? Nécessité pour être heureux : tous n'ont pas les mêmes notions du bonheur ?
La vie disparaîtrait-elle sans la notion de bonheur ? Dans ma philo "personnelle" je préfère la notion de bien-être à celle de bonheur. ( bien-être comme se sentir bien.)
Sans la santé, avec une dose trop grande de malaise ou maladies, la vie disparaîtrait-elle ? ( humains suicidaires évoqués par Grumpy)
De l'illusion ou de la lucidité, qu'est-ce qui est le plus utile pour rester en bonne santé ? A voir au cas par cas !
Parfois c'est la lucidité. Mais chez les autruches il y a "têtes dans le sable" pour éviter la peur qui ferait mourir à la course, lors de la fuite : ne pas regarder le danger en face.
A quoi pensait Nietzsche quand il s'exprimait sur le sujet ?
Se poser des question, sans perdre le fil, n'est-ce pas cela la filo , la philo.
Excusez-moi ! mais j'ai joué le jeu
à ma façon.
Aha et pas de commentaires autres
Je lis ton texte de départ, et je suis " paralysé". Comment dévider un écheveau dont on ne voit pas le début du fil ?
Je crois bien que Nietzsche ( faut déjà écrire son nom !) a émis l'idée que tout philosophe a tendance à élever au général ce qui lui est particulier.
Ce philosophe avait-t-il besoin d'illusion pour être heureux ?
En examinant l'humanité en un lieu ou période, peut-on vérifier cette idée de la nécessité de l'illusion ? Nécessité pour être heureux : tous n'ont pas les mêmes notions du bonheur ?
La vie disparaîtrait-elle sans la notion de bonheur ? Dans ma philo "personnelle" je préfère la notion de bien-être à celle de bonheur. ( bien-être comme se sentir bien.)
Sans la santé, avec une dose trop grande de malaise ou maladies, la vie disparaîtrait-elle ? ( humains suicidaires évoqués par Grumpy)
De l'illusion ou de la lucidité, qu'est-ce qui est le plus utile pour rester en bonne santé ? A voir au cas par cas !
Parfois c'est la lucidité. Mais chez les autruches il y a "têtes dans le sable" pour éviter la peur qui ferait mourir à la course, lors de la fuite : ne pas regarder le danger en face.
A quoi pensait Nietzsche quand il s'exprimait sur le sujet ?
Se poser des question, sans perdre le fil, n'est-ce pas cela la filo , la philo.
Excusez-moi ! mais j'ai joué le jeu

landord- Nombre de messages: 1367
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Date d'inscription: 10/10/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Ah tu fais le parallèle entre auteur et œuvre, je ne me risque rarement à cela...
Quand Nietzsche parle de nécessité de l'illusion il parle d'une échappatoire métaphysique, ce que les travaux de Jung tendront à justifier plus tard. Nous avons chacun une " case religieuse" qu'il faut remplir ( et là c'est le sujet de mon long texte), pour répondre à notre angoisse métaphysique ( et pour un plus long développement il faudra me lire, désolé
). Pour Nietzsche c'est bien simple, un homme sans illusion et sans espoir, sans échappatoires autres, est voué à la perte. Il n'y a que le surhomme qui se réjouit de la perte des idoles. Mais ce surhomme est un but inatteignable.
L'illusion ne consiste pour Nietzsche qu'à replacer des Idées métaphysiques ( ou des erstatz à l'usage du peuple), la perception du réel comme monde n'est pas stricto sensu remit en question. Et là on peut dire que je fais un gros contresens puisque justement Nietzsche critique la séparation en monde-vérité et monde-sensible, mais ce que je veux dire c'est que la perception du réel : un camion reste un camion, est la même.
Nietzsche cherche à ce que certains s'affirment et dépassent les préceptes établis. C'est pour cela que l'on appelle sa philsoophie philosophie du doute.
Quand Nietzsche parle de nécessité de l'illusion il parle d'une échappatoire métaphysique, ce que les travaux de Jung tendront à justifier plus tard. Nous avons chacun une " case religieuse" qu'il faut remplir ( et là c'est le sujet de mon long texte), pour répondre à notre angoisse métaphysique ( et pour un plus long développement il faudra me lire, désolé
L'illusion ne consiste pour Nietzsche qu'à replacer des Idées métaphysiques ( ou des erstatz à l'usage du peuple), la perception du réel comme monde n'est pas stricto sensu remit en question. Et là on peut dire que je fais un gros contresens puisque justement Nietzsche critique la séparation en monde-vérité et monde-sensible, mais ce que je veux dire c'est que la perception du réel : un camion reste un camion, est la même.
Nietzsche cherche à ce que certains s'affirment et dépassent les préceptes établis. C'est pour cela que l'on appelle sa philsoophie philosophie du doute.

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
Age: 19
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Date d'inscription: 21/08/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Il n'y a que le surhomme qui se réjouit de la perte des idoles. Mais ce surhomme est un but inatteignable
Ai-je bien compris : la volonté de puissance c'est l'élan vital qui dans l'univers maintient les combinaisons qui aboutissent aux êtres vivants, de plus en plus conscients d'eux mêmes et du monde ?
Si c'est le cas, tout individu peut bien avoir pour but de sa vie la contribution - si peu que cela soi -qui apporte de l'eau au moulin de cette force ... éternelle.
Le surhomme en question est limité dans son action personnelle, mais il peut atteindre son but, le temps d'une vie. Le surhomme est limité comme individu, pas comme espèce ?
Quant à la "volonté de puissance" agissant sur la vie et la matière, son axe d'évolution s'ouvre sur l'infini. Aucun humain ne peut y lire l'avenir au-delà d'une courte période.
A chaque étape "le suhomme" d'une époque peut avoir un but qui contribue à l'action éternelle de la vie. Pour cela il lui faut fuir les illusions qui faussent l'approche du réel et maintenir l'espoir et la santé afin de servir la cause.
Suis-je à côté de la plaque ?

landord- Nombre de messages: 1367
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Date d'inscription: 10/10/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Aha pas à côté de la plaque mais disons que tu fais une analyse totalement étrangère à Nietzsche, si c'était un commentaire de texte tu aurais été complètement à côté aha ! Mais c'est intéressant tout de même.
La volonté de puissance c'est le besoin de connaissance, un appétit destructeur pour Nietzsche puisqu'il supprime les illusions, et si on le laisse aller il aboutit au scepticisme ou au nihilisme ( mal suprême pour notre auteur).
Le surhomme de Nietzsche n'est surtout pas à prendre comme une espèce, notre philosophe ne faisait aucune confiance aux masses et le surhomme est bien pour lui une entité individuelle qui ne peut qu'être individuelle. Il y'a un individualisme patent chez Nietzsche dans sa conception de l'homme et de l'affirmation de soi, de sorte que la contribution au mouvement éternel n'est pas du tout mis en avant.
La volonté de puissance c'est le besoin de connaissance, un appétit destructeur pour Nietzsche puisqu'il supprime les illusions, et si on le laisse aller il aboutit au scepticisme ou au nihilisme ( mal suprême pour notre auteur).
Le surhomme de Nietzsche n'est surtout pas à prendre comme une espèce, notre philosophe ne faisait aucune confiance aux masses et le surhomme est bien pour lui une entité individuelle qui ne peut qu'être individuelle. Il y'a un individualisme patent chez Nietzsche dans sa conception de l'homme et de l'affirmation de soi, de sorte que la contribution au mouvement éternel n'est pas du tout mis en avant.

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Humeur: posée et fatiguée
Date d'inscription: 21/08/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Nathanael
Je suis un béotien en la matière, mais je crois bien avoir lu, que " volonté de puissance", vue par Nietzsche, serait "la force" qui au travers de la matière crée les mondes et la vie.
Le surhomme serait celui qui favoriserait au mieux l'expression de cet force vitale créatrice en lui-même et dans le monde.
Je vais chercher.
Pour ce qui est du parallèle entre oeuvre et auteur, notamment en matière de philosophie je crois que c'est du Nietzsche, soi même (par delà le bien et le mal,)
Je vais " bûcher" cela, si le temps me prive encore de jardinage
Je suis un béotien en la matière, mais je crois bien avoir lu, que " volonté de puissance", vue par Nietzsche, serait "la force" qui au travers de la matière crée les mondes et la vie.
Le surhomme serait celui qui favoriserait au mieux l'expression de cet force vitale créatrice en lui-même et dans le monde.
Je vais chercher.
Pour ce qui est du parallèle entre oeuvre et auteur, notamment en matière de philosophie je crois que c'est du Nietzsche, soi même (par delà le bien et le mal,)
Je vais " bûcher" cela, si le temps me prive encore de jardinage

landord- Nombre de messages: 1367
Localisation: france- 03
Humeur: égale
Date d'inscription: 10/10/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Il y'a des pincettes à mettre à volonté de puissance puisque l'œuvre elle même est posthume et que c'est sa sœur, Elisabeth, proche du NSDAP, qui l'a publié. La volonté de puissance est complexe et a souvent servit à des mauvaises interprétations, plaçant Nietzsche comme un intellectuel nazis par exemple. Les mondes ne sont pas créé par elle puisque c'est justement elle qui permet à l'homme de quitter ses illusions. Voir le Problème de Socrate et la critique que Nietzsche fait des arrières mondes.
Pour ta deuxième affirmation c'est totalement vrai mais la morale chez Nietzsche disparait ( Généalogie de la morale, morale montrée comme produit historique de l'ascétisme, du refus, et de la noblesse, manipulation), et également le Bien et le Mal, c'est la volonté de vivre qui remplace la négation de cette même volonté chez Schopenhauer et la philosophie pessimiste, il n'y a pas de politique nietzschéenne, et l'individu nietzschéen est avant tout centré sur lui même. C'est une affirmation de soi. Par conséquent la vie n'est pas portée à contribution de quelque chose puisqu'elle est par essence mouvante, changeante, et incompréhensible.
Entre œuvre et auteur il y'a aussi dans Généalogie de la morale ....
Pour ta deuxième affirmation c'est totalement vrai mais la morale chez Nietzsche disparait ( Généalogie de la morale, morale montrée comme produit historique de l'ascétisme, du refus, et de la noblesse, manipulation), et également le Bien et le Mal, c'est la volonté de vivre qui remplace la négation de cette même volonté chez Schopenhauer et la philosophie pessimiste, il n'y a pas de politique nietzschéenne, et l'individu nietzschéen est avant tout centré sur lui même. C'est une affirmation de soi. Par conséquent la vie n'est pas portée à contribution de quelque chose puisqu'elle est par essence mouvante, changeante, et incompréhensible.
Entre œuvre et auteur il y'a aussi dans Généalogie de la morale ....

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Humeur: posée et fatiguée
Date d'inscription: 21/08/2009
Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Nathanael
Il est pour moi désagréable de philosopher dès que tout part en toutes directions.
Volonté de puissance correspondant à élan vital, à principe évolutif au sein de la matière et de la vie, cela ne me paraît pas inacceptable.
Quant à la conception de Nietzsche la dedans ? je l'ignore et cela ne trouble pas mon sommeil.
-Il me semble difficile de s'affirmer sans influer sur la société et sur le monde.
La volonté de puissance qui anime un individu me semble participer à la volonté de puissance ( ou élan vital) de l'ensemble, comme moteur ou comme frein.
-Dire que " la vie n'est pas portée à contribution de quelque chose" ne sera pas mon fait.
Je pense que le phénomène de la vie a fait émerger, dans l'univers, la conscience de cet univers.
La vie est un processus par lequel, de la matière, ont émergé des combinaisons susceptibles de traiter des informations. Ainsi de combinaisons aléatoires sont apparues des formes capables de vaincre partiellement le hasard, par une connaissance des phénomènes.
Du désordre à un certain ordre, vers la conscience, c'est la contribution de la vie, même si le mot " volonté" n'est pas très approprié selon moi.
Enfin, de mon jardin,au XXI° siècle, je vois les choses ainsi.
Pour ce qui est du texte de Nietzsche le voici, pris dans le livre de Onfray sur Freud.
" Ce qui nous pousse à n’accorder aux philosophes, dans leur ensemble, qu’un regard où se mêlent méfiance et raillerie, ce n’est pas tant de découvrir à tout bout de champ combien ils sont innocents, combien de fois et avec quelle facilité ils se trompent et s’égarent, bref, quelle puérilité est la leur, quel enfantillage ; c’est de voir avec quel manque de sincérité ils élèvent un concert unanime de vertueuses et bruyantes protestations dès que l’on touche, même de loin , au problème de leur sincérité. Ils font tous comme s’ils avaient découvert et conquis leurs opinions propres par l’exercice spontané d’une dialectique pure, froide et divinement impassible ( à la différence des mystiques de toute classe, qui, plus honnêtes et plus balourds, parlent de leur « inspiration »),alors que le plus souvent c’est une affirmation arbitraire, une lubie, une « intuition », et plus souvent encore un vœu très cher mais quintessencié et soigneusement passé au tamis, qu’ils défendent par des raisons inventées après coup. Tous sont, quoi qu’ils en aient, les avocats et souvent même les astucieux défenseurs de leurs préjugés, baptisés par eux « vérités ».
Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, 1° partie, § 5.
Il est pour moi désagréable de philosopher dès que tout part en toutes directions.
Volonté de puissance correspondant à élan vital, à principe évolutif au sein de la matière et de la vie, cela ne me paraît pas inacceptable.
Quant à la conception de Nietzsche la dedans ? je l'ignore et cela ne trouble pas mon sommeil.
l'individu nietzschéen est avant tout centré sur lui même. C'est une affirmation de soi. Par conséquent la vie n'est pas portée à contribution de quelque chose puisqu'elle est par essence mouvante, changeante, et incompréhensible.
-Il me semble difficile de s'affirmer sans influer sur la société et sur le monde.
La volonté de puissance qui anime un individu me semble participer à la volonté de puissance ( ou élan vital) de l'ensemble, comme moteur ou comme frein.
-Dire que " la vie n'est pas portée à contribution de quelque chose" ne sera pas mon fait.
Je pense que le phénomène de la vie a fait émerger, dans l'univers, la conscience de cet univers.
La vie est un processus par lequel, de la matière, ont émergé des combinaisons susceptibles de traiter des informations. Ainsi de combinaisons aléatoires sont apparues des formes capables de vaincre partiellement le hasard, par une connaissance des phénomènes.
Du désordre à un certain ordre, vers la conscience, c'est la contribution de la vie, même si le mot " volonté" n'est pas très approprié selon moi.
Enfin, de mon jardin,au XXI° siècle, je vois les choses ainsi.
Pour ce qui est du texte de Nietzsche le voici, pris dans le livre de Onfray sur Freud.
" Ce qui nous pousse à n’accorder aux philosophes, dans leur ensemble, qu’un regard où se mêlent méfiance et raillerie, ce n’est pas tant de découvrir à tout bout de champ combien ils sont innocents, combien de fois et avec quelle facilité ils se trompent et s’égarent, bref, quelle puérilité est la leur, quel enfantillage ; c’est de voir avec quel manque de sincérité ils élèvent un concert unanime de vertueuses et bruyantes protestations dès que l’on touche, même de loin , au problème de leur sincérité. Ils font tous comme s’ils avaient découvert et conquis leurs opinions propres par l’exercice spontané d’une dialectique pure, froide et divinement impassible ( à la différence des mystiques de toute classe, qui, plus honnêtes et plus balourds, parlent de leur « inspiration »),alors que le plus souvent c’est une affirmation arbitraire, une lubie, une « intuition », et plus souvent encore un vœu très cher mais quintessencié et soigneusement passé au tamis, qu’ils défendent par des raisons inventées après coup. Tous sont, quoi qu’ils en aient, les avocats et souvent même les astucieux défenseurs de leurs préjugés, baptisés par eux « vérités ».
Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, 1° partie, § 5.

landord- Nombre de messages: 1367
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Re: L'illusion nécéssaire au Bonheur.
Ta position n'est pas inacceptable, mais dans le courant de pensée nietzschéen ça n'a pas grand sens, puisque la vie n'a pas d'ordre, le surhomme nietzschéen est justement celui qui comprend cela. Parlons encore moins de la conscience, chose ayant tendance à être bafoué chez notre auteur...

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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