De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
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De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Il s'agit d'une théorie personnelle:
L'inégalité est le terreau de nos sociétés, l'engrais même ! L'Homme est
un animal de meute, et une meute, c'est une hiérarchie en mouvement. Si on casse ce système, la meute éclate. L'homme
est un animal social et hiérarchique...
C'est par l'émulation et une certaine forme de
compétition entre les classes sociales que les sociétés avancent. C'est
par une volonté de toujours aller plus haut, de toujours vouloir sortir
de sa classe initiale que l'homme évolue. L'adaptation, au niveau humain, passe notamment
par un désir d'accomplissement, personnel et social. Pendant longtemps
on a pu s'accomplir, soit en reprenant le même schéma parental (père
agriculteur, fils idem etc), soit, à l'opposé, en désirant changer de
classe sociale.
Qu'en pensez-vous ?
L'inégalité est le terreau de nos sociétés, l'engrais même ! L'Homme est
un animal de meute, et une meute, c'est une hiérarchie en mouvement. Si on casse ce système, la meute éclate. L'homme
est un animal social et hiérarchique...
C'est par l'émulation et une certaine forme de
compétition entre les classes sociales que les sociétés avancent. C'est
par une volonté de toujours aller plus haut, de toujours vouloir sortir
de sa classe initiale que l'homme évolue. L'adaptation, au niveau humain, passe notamment
par un désir d'accomplissement, personnel et social. Pendant longtemps
on a pu s'accomplir, soit en reprenant le même schéma parental (père
agriculteur, fils idem etc), soit, à l'opposé, en désirant changer de
classe sociale.
Qu'en pensez-vous ?

slynop- Nombre de messages: 212
Date d'inscription: 13/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Je suis assez d'accord. L'inégalité sociale est la abse du développement. Prenons l'agriculture et donc la déclaration de propriété qui lui est associé. L'agriculture a été un progrès fondamental puisque cela permet de passer d'une vie nomade à une vie sédentaire cependant cela é créé des inégalités , par rapports au terrains , à la nourriture.
Il y'a toujours eu des exploitants et des éxploités pour faire avancer les choses. Biensûr tout serai plus beau si l'humanité avancait à front uni pour le progrès...
Il y'a toujours eu des exploitants et des éxploités pour faire avancer les choses. Biensûr tout serai plus beau si l'humanité avancait à front uni pour le progrès...

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
Age: 19
Localisation: Région parisienne
Humeur: posée et fatiguée
Date d'inscription: 21/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Les inégalités subsisteront; il y a moyen de sortir de l'engrenage infernal, mais cela demande personnalité et courage (pas les diplômes).
Comme tu le sais, sly, je suis un adepte de l'autodidactisme et de l'effort dirigé. Changer de classe sociale n'est pertinent où on évolue culturellement, je ne crois plus à l'assistanat social.
Notre principal ennemi est l'ignorance, non pas le manque d'études, mais la culture du coeur personnelle.
Le reste est orgueuil et non volonté.
Je ne suis pas très clair, pardonnez-moi, c'est le vieil armagnac.
Comme tu le sais, sly, je suis un adepte de l'autodidactisme et de l'effort dirigé. Changer de classe sociale n'est pertinent où on évolue culturellement, je ne crois plus à l'assistanat social.
Notre principal ennemi est l'ignorance, non pas le manque d'études, mais la culture du coeur personnelle.
Le reste est orgueuil et non volonté.
Je ne suis pas très clair, pardonnez-moi, c'est le vieil armagnac.
_________________
"Un cadavre, c'est le résidu-témoin de l'inconscience"
Sri Aurobindo.

grumpythedwarf- Nombre de messages: 8103
Localisation: Hic et nunc
Humeur: Cyclothymique.
Date d'inscription: 31/07/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
De mon côté, ce serait plus orgueil et volonté ensemble.

slynop- Nombre de messages: 212
Date d'inscription: 13/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
grumpythedwarf a écrit:
Je ne suis pas très clair, pardonnez-moi, c'est le vieil armagnac.
Ou le vieillard maniaque....
Cela dit je rêve en lisant ce topic !
Cultivons l'inégalité comme ferment de progrès, d'émulation.
Eh bien non !
Tout d'abord, l'idée selon lquelle l'homme est, par nature, amené à vivre dans une société nombreuse et fortement hiérarchisée est fausse. L'homme est un grand singe et, comme tous les grands singes, il est fait pour vivre dans un clan restreint, une famille à peine élargie. La notion de société apparait très tardivement dans l'histoire humaine, il y a quelques petits milliers d'années, pas assez pour avoir encore permis une évolution génétique, ce qui fait que, comme pour notre alimentation, nous vivons en société en contradiction avec notre nature profonde.
Il ressort de cela que nous sommes en permanence tiraillés entre la société et nos clans respectifs, que la société tend à détruire les clans pour justifier sa propre organisation. L'un des résultats directement visible de cette anomalie de développement est l'incapacité de l'homme à survivre en société sans médecine : notre corps n'étant pas préparé à cette multitude, nous sommes agressés par toutes sortes de germes, virus, maladies mentales, qui nous aurait été épargnés si nous ne vivions pas en société nombreuse. Il convient de bien se souvenir que l'espérance de vie était plus importante dans l'Athènes classique que dans le Paris de Louis XIV...
La société a créé de l'inégalité parce que, justement, la société s'oppose artificiellement à l'égalité naturelle des hommes entre eux. Parce que nous n'avons pas encore développé dans nos gènes de réflexes sociaux, nous sommes confrontés brutalement à l'absence de normes naturelles. Ce qui fait de chacun de nous le gibier de l'autre. Des normes exogènes se sont donc créées pour gérer les conflits issus de ce comportement anti-naturel et ces normes ne sont apparues qu'à l'occasion de conflits, pour éviter des désordres trop violents qui auraient mis en péril la cohabitation de clans contraints à cohabiter. Cette gestion au cas par cas a, évidemment, consacré les rapports de forces constatés : dans les régions sédentaires, elle a abouti à la légitimation de la propriété privée, dans les régions nomades, elle abouti à l'inverse et à l'interdiction de la propriété privée.
L'inégalité constatée dans la société n'est donc en rien une fatalité, et encore moins une énergie utile mais un véritable frein au développement humain puisqu'elle s'oppose de façon constante au développement naturel des rapports humains. La philosophie politique l'a bien constaté en développant des concepts d'organisation plus égalitaires : la démocratie ou les droits de l'homme par exemple. Qu'est-ce que la démocratie sinon une tentative de remettre de l'égalité dans des sociétés fortement inégalitaires ? Or, que constate-t-on ? Que les sociétés plus égalitaires, plus respectueuses de l'égalité des droits des individus, sont aussi les sociétés les plus performantes. C'est donc bien le contraire de ce que je lis ici qui se passe : plus d'égalité amène plus de performance et de progrès.

Jean-Dominique- Nombre de messages: 286
Age: 50
Localisation: Champigny sur Marne / Pau
Date d'inscription: 02/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Au fronton des mairies, nous avons "Liberté, Egalité, Fraternité"; l'Egalité est un leurre. De part la naissance d'abord, nous ne sommes jamais égaux (sur les plans sociaux, physiques et mentaux), ensuite une société égalitaire (comme une société trop inégalitaire) ne peut fonctionner, se développer et perdurer car si A=B=C pourquoi C ferait ce que lui demande A ? Le travail fonctionne sur ce registre de subordonnant/subordonné (on aime ou pas, c'est ainsi) et c'est parce que des personnes conçoivent ou élaborent des plans, des projets etc. que d'autres les appliquent.
J'ai bien dit que l'inégalité sociale était à la base du développement de nos sociétés (pourquoi les sociétés égalitaires dites primitives ne se sont-elles jamais développées ?), mais pour que les sociétés avancent, il faut cependant que cette inégalité ne soit pas prégnante mais qu'elle reste acceptable aux yeux de tous. Les différentes révolutions qui ont existé dans l'Histoire ont eu pour beaucoup comme cause une inégalité devenue inacceptable. Elles ont permis de diminuer les inégalités sociales, pas de faire qu'il n'y en ait plus. C'est parce que les hommes veulent tendre vers un mieux-être social que les sociétés fonctionnent. Ils veulent plus d'égalité, c'est ce qui les fait avancer.
La philosophie politique l'a bien constaté en développant des concepts
d'organisation plus égalitaires : la démocratie ou les droits de
l'homme par exemple. Qu'est-ce que la démocratie sinon une tentative de
remettre de l'égalité dans des sociétés fortement inégalitaires ?
La démocratie promeut une égalité de tous devant la loi, la liberté individuelle, une société de droits etc. Je suis entièrement d'accord avec tout ça; ce que je mets en avant, c'est l'inégalité sociale. Une société égalitaire sur le plan social ne serait pas viable.
J'ai bien dit que l'inégalité sociale était à la base du développement de nos sociétés (pourquoi les sociétés égalitaires dites primitives ne se sont-elles jamais développées ?), mais pour que les sociétés avancent, il faut cependant que cette inégalité ne soit pas prégnante mais qu'elle reste acceptable aux yeux de tous. Les différentes révolutions qui ont existé dans l'Histoire ont eu pour beaucoup comme cause une inégalité devenue inacceptable. Elles ont permis de diminuer les inégalités sociales, pas de faire qu'il n'y en ait plus. C'est parce que les hommes veulent tendre vers un mieux-être social que les sociétés fonctionnent. Ils veulent plus d'égalité, c'est ce qui les fait avancer.
La philosophie politique l'a bien constaté en développant des concepts
d'organisation plus égalitaires : la démocratie ou les droits de
l'homme par exemple. Qu'est-ce que la démocratie sinon une tentative de
remettre de l'égalité dans des sociétés fortement inégalitaires ?
La démocratie promeut une égalité de tous devant la loi, la liberté individuelle, une société de droits etc. Je suis entièrement d'accord avec tout ça; ce que je mets en avant, c'est l'inégalité sociale. Une société égalitaire sur le plan social ne serait pas viable.

slynop- Nombre de messages: 212
Date d'inscription: 13/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Pardon, mais c'est de la pure idéologie sans fondement !
Vous procédez par affirmation et approximation. "Une société égalitaire sur le plan social ne serait pas viable", boum, pas besoin de démontrer cette vérité, c'est une vérité !
"Le travail fonctionne sur ce registre de subordonnant/subordonné (on aime ou pas, c'est ainsi)" boum, pas besoin de démontrer cette vérité, c'est une vérité !
C'est très primaire tout ça, on peut prendre point par point.
Liberté, égalité, fraternité. Des trois termes, vous énoncez que seul celui d'égalité est un leurre. Parce que la Liberté est une réalité dans notre société ? Parce que la Fraternité est une réalité ? En vérité, les trois termes sont des objectifs, des utopies, qui sont intrinséquement liés ensemble. On ne peut en sortir un du lot par confort.
Nous ne sommes pas égaux à la naissance :
d'un point de vue social : oui, mais justement c'est une maladie qu'on espère soigner.
d'un point de vue physique : égalité ne signifie pas identité. L'athlète aura des talents particuliers maise sera disqualifié pour être jokey, cela ne fonde pas une supériorité entre eux mais une différence. Et le jokey rira bien des ordres que lui donnera un basketteur de 2 mètres (et réciproquement).
d'un point de vue mental : Grave de penser ainsi ! C'est tout bonnement contredit par la science neurologique ! Avez vous entendu parler de la plasticité du cerveau à tous les âges de la vie ?
"si A=B=C pourquoi C ferait ce que lui demande A" : Si A a une compétence que C n'a pas, il suivra ses consignes. Mon garagiste n'est pas mon supérieur hiérarchique mais j'écoute ses conseils. Avez-vous déjà travaillé en équipe pluri-disciplinaire ?
"(pourquoi les sociétés égalitaires dites primitives ne se sont-elles jamais développées ?)" : ce n'est pas le caractère égalitaire qui a freiné leur développement mais leur isolement. Sans contact intellectuel avec d'autres groupes, un groupe humain tourne en rond. Inversement, des sociétés inégalitaires sans développement, l'ethnologie nous en donne des exemples nombreux. Voire des sociétés inégalitaires qui régressent.
"il faut cependant que cette inégalité ne soit pas prégnante mais qu'elle reste acceptable aux yeux de tous" : qui fixe le niveau d'acceptation ? La police politique ? Le MEDEF ? Qui détermine qu'une société est trop égalitaire ou trop inégalitaire ? C'est de l'arbitraire pur, votre affaire !
En vérité, vous faites fi de toutes les composantes complexes de la motivation humaine. La soif de savoir et de connaissance est extérieure à l'inégalité sociale. La recherche de la beauté et de l'harmonie est extérieure à l'inégalité sociale. Lorsqu'un jeune se destine à devenir ébéniste, c'est par amour du beau travail, de l'oeuvre parfaite conçue de ses mains. Ca n'est pas pour commander ou obéir. Quand Mozart compose, c'est par besoin d'exprimer la beauté, pas pour commander ou obéir. Galilée ne se souciait pas de hiérarchie (il aurait dû, vous auriez été content et la terre serait toujours plate...)
Bien au contraire, l'inégalité engendre frustration ou désir de domination, des conflits, des guerres, des génocides au nom de l'inégalité, de l'esclavage. Citez-moi un progrès, un seul, un tout petit, minuscule, qui soit dû à l'inégalité dans la société. Je peux vous en citer des milliers, des inventions, des oeuvres majeures, des découvertes, qui ne doivent rien à l'inégalité de la société et qui dû s'opposer à l'inégalité pour s'imposer.
Vous procédez par affirmation et approximation. "Une société égalitaire sur le plan social ne serait pas viable", boum, pas besoin de démontrer cette vérité, c'est une vérité !
"Le travail fonctionne sur ce registre de subordonnant/subordonné (on aime ou pas, c'est ainsi)" boum, pas besoin de démontrer cette vérité, c'est une vérité !
C'est très primaire tout ça, on peut prendre point par point.
Liberté, égalité, fraternité. Des trois termes, vous énoncez que seul celui d'égalité est un leurre. Parce que la Liberté est une réalité dans notre société ? Parce que la Fraternité est une réalité ? En vérité, les trois termes sont des objectifs, des utopies, qui sont intrinséquement liés ensemble. On ne peut en sortir un du lot par confort.
Nous ne sommes pas égaux à la naissance :
d'un point de vue social : oui, mais justement c'est une maladie qu'on espère soigner.
d'un point de vue physique : égalité ne signifie pas identité. L'athlète aura des talents particuliers maise sera disqualifié pour être jokey, cela ne fonde pas une supériorité entre eux mais une différence. Et le jokey rira bien des ordres que lui donnera un basketteur de 2 mètres (et réciproquement).
d'un point de vue mental : Grave de penser ainsi ! C'est tout bonnement contredit par la science neurologique ! Avez vous entendu parler de la plasticité du cerveau à tous les âges de la vie ?
"si A=B=C pourquoi C ferait ce que lui demande A" : Si A a une compétence que C n'a pas, il suivra ses consignes. Mon garagiste n'est pas mon supérieur hiérarchique mais j'écoute ses conseils. Avez-vous déjà travaillé en équipe pluri-disciplinaire ?
"(pourquoi les sociétés égalitaires dites primitives ne se sont-elles jamais développées ?)" : ce n'est pas le caractère égalitaire qui a freiné leur développement mais leur isolement. Sans contact intellectuel avec d'autres groupes, un groupe humain tourne en rond. Inversement, des sociétés inégalitaires sans développement, l'ethnologie nous en donne des exemples nombreux. Voire des sociétés inégalitaires qui régressent.
"il faut cependant que cette inégalité ne soit pas prégnante mais qu'elle reste acceptable aux yeux de tous" : qui fixe le niveau d'acceptation ? La police politique ? Le MEDEF ? Qui détermine qu'une société est trop égalitaire ou trop inégalitaire ? C'est de l'arbitraire pur, votre affaire !
En vérité, vous faites fi de toutes les composantes complexes de la motivation humaine. La soif de savoir et de connaissance est extérieure à l'inégalité sociale. La recherche de la beauté et de l'harmonie est extérieure à l'inégalité sociale. Lorsqu'un jeune se destine à devenir ébéniste, c'est par amour du beau travail, de l'oeuvre parfaite conçue de ses mains. Ca n'est pas pour commander ou obéir. Quand Mozart compose, c'est par besoin d'exprimer la beauté, pas pour commander ou obéir. Galilée ne se souciait pas de hiérarchie (il aurait dû, vous auriez été content et la terre serait toujours plate...)
Bien au contraire, l'inégalité engendre frustration ou désir de domination, des conflits, des guerres, des génocides au nom de l'inégalité, de l'esclavage. Citez-moi un progrès, un seul, un tout petit, minuscule, qui soit dû à l'inégalité dans la société. Je peux vous en citer des milliers, des inventions, des oeuvres majeures, des découvertes, qui ne doivent rien à l'inégalité de la société et qui dû s'opposer à l'inégalité pour s'imposer.

Jean-Dominique- Nombre de messages: 286
Age: 50
Localisation: Champigny sur Marne / Pau
Date d'inscription: 02/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Désolé pour le ton qui vous a semblé péremptoire, j’étais
pressé, je suis allé au plus vite.
Pour la devise de la France, je ne me suis intéressé qu’à la
partie Egalité, ce qui ne signifie pas que les deux autres notions sont définitivement
acquises puisque, comme vous le dîtes, ce sont des utopies vers lesquelles la
société doit tendre.
J’ai énoncé, de part
la naissance, nous ne sommes jamais égaux (sur les plans sociaux, physiques et
mentaux) : certaines personnes naissent en parfaite santé, d’autres
avec des handicaps physiques ; certaines disposent dès le départ d’une
intelligence plus développée, et d’autres
sont malheureusement plus lents, voire attardés. Je ne parle pas de ces
différences physiques (grand, petit, gros, maigre) qui peuvent orienter vers
telles ou telles activités, mais d’inégalités fondamentales dès la naissance.
Comme le fait de naître dans une famille aisée ou non, cultivée ou non…
Pour l’exemple si
A=B=C pourquoi C ferait ce que lui demande A ? Dans une société socialement
égalitaire, A dispose du même niveau de pouvoir que B et C, dans ce cas,
pourquoi dans une usine, par exemple, l’un dirait à l’autre de faire ça ?
Pourquoi le second ferait ce que le premier lui a dit ? Par exemple,
comment fabriquer une voiture, puisque cette hiérarchisation, nécessaire en
entreprise, aurait disparu ?
Je suis d’accord avec vous,
les sociétés primitives égalitaires n’ont pu se développer parc e qu’elles
n’ont pas eu de contact avec l’extérieur, idem pour celles inégalitaires.
Il faut cependant que
cette inégalité ne soit pas prégnante mais qu'elle reste acceptable aux yeux de
tous. Personne ne détermine ce niveau d’acceptation, c’est pourquoi j’ai parlé des différentes révolutions qui ont
parsemé l’Histoire.
En vérité, vous faites
fi de toutes les composantes complexes de la motivation humaine. La soif de
savoir et de connaissance est extérieure à l'inégalité sociale. La recherche de
la beauté et de l'harmonie est extérieure à l'inégalité sociale. Lorsqu'un
jeune se destine à devenir ébéniste, c'est par amour du beau travail, de
l'oeuvre parfaite conçue de ses mains. Ca n'est pas pour commander ou obéir. Quand
Mozart compose, c'est par besoin d'exprimer la beauté, pas pour commander ou
obéir. Galilée ne se souciait pas de hiérarchie (il aurait dû, vous auriez été
content et la terre serait toujours plate...)
Je ne suis pas dans la notion du commander/obéir, même si j’ai
parlé de subordonnant/subordonné pour le monde du travail. Dans le premier
message, j’ai énoncé : « C'est par
l'émulation et une certaine forme de compétition entre les classes sociales que
les sociétés avancent. C'est
par une volonté de toujours aller plus haut, de toujours vouloir sortir de sa
classe initiale que l'homme évolue. L'adaptation, au niveau humain, passe
notamment par un désir d'accomplissement, personnel et social ». Les
exemples (Mozart, l’ébéniste) se
retrouvent dans la dernière phrase.
Pendant des siècles, l’inégalité
sociale a été extrêmement marquée (les 3 ordres de la société sous l’Ancien
régime, puis entre la bourgeoisie et le monde ouvrier et paysan
essentiellement). La société avançait, mais avec des gouffres. Le développement
de l’école pour tous, jusqu’aux lois de 1881/82, a eu pour objectifs de faire
de ces enfants des citoyens responsables, plus libres, avec pour l’époque un
bagage minimum. Mais aussi, selon moi, de permettre à la jeune République de se
développer et d’avancer encore plus vite grâce à ces jeunes qui, pour
quelques-uns, réussiraient à passer tous les paliers de l’enseignement, et lui
apporteraient un nouveau souffle de part, justement, cette volonté de sortir d’une
classe sociale pour aller dans une autre. La soif de savoir et de connaissance est extérieure à l’inégalité
sociale : Maintenant, comme à l’époque, les jeunes ont une soif de
savoir et de connaissance pour se sortir de là où ils sont, ils ont, pour
beaucoup, une vision utilitariste des connaissances, ce sont des moyens pour
aller au-delà de leur point de départ.
L'inégalité engendre
frustration ou désir de domination, des conflits, des guerres, des génocides au
nom de l'inégalité, de l'esclavage.
Pour moi, l’inégalité sociale est un moteur pour, justement,
aller au-delà. Que font beaucoup de jeunes fils/filles dits « à Papa »,
pour beaucoup pas grand-chose, ils se laissent bercer dans un confort douillet,
ils n’ont plus vraiment d’envies, de désirs… Ils vont reprendre peut-être la
boîte à papa, après avoir été dans des boîtes à bac…
pressé, je suis allé au plus vite.
Pour la devise de la France, je ne me suis intéressé qu’à la
partie Egalité, ce qui ne signifie pas que les deux autres notions sont définitivement
acquises puisque, comme vous le dîtes, ce sont des utopies vers lesquelles la
société doit tendre.
J’ai énoncé, de part
la naissance, nous ne sommes jamais égaux (sur les plans sociaux, physiques et
mentaux) : certaines personnes naissent en parfaite santé, d’autres
avec des handicaps physiques ; certaines disposent dès le départ d’une
intelligence plus développée, et d’autres
sont malheureusement plus lents, voire attardés. Je ne parle pas de ces
différences physiques (grand, petit, gros, maigre) qui peuvent orienter vers
telles ou telles activités, mais d’inégalités fondamentales dès la naissance.
Comme le fait de naître dans une famille aisée ou non, cultivée ou non…
Pour l’exemple si
A=B=C pourquoi C ferait ce que lui demande A ? Dans une société socialement
égalitaire, A dispose du même niveau de pouvoir que B et C, dans ce cas,
pourquoi dans une usine, par exemple, l’un dirait à l’autre de faire ça ?
Pourquoi le second ferait ce que le premier lui a dit ? Par exemple,
comment fabriquer une voiture, puisque cette hiérarchisation, nécessaire en
entreprise, aurait disparu ?
Je suis d’accord avec vous,
les sociétés primitives égalitaires n’ont pu se développer parc e qu’elles
n’ont pas eu de contact avec l’extérieur, idem pour celles inégalitaires.
Il faut cependant que
cette inégalité ne soit pas prégnante mais qu'elle reste acceptable aux yeux de
tous. Personne ne détermine ce niveau d’acceptation, c’est pourquoi j’ai parlé des différentes révolutions qui ont
parsemé l’Histoire.
En vérité, vous faites
fi de toutes les composantes complexes de la motivation humaine. La soif de
savoir et de connaissance est extérieure à l'inégalité sociale. La recherche de
la beauté et de l'harmonie est extérieure à l'inégalité sociale. Lorsqu'un
jeune se destine à devenir ébéniste, c'est par amour du beau travail, de
l'oeuvre parfaite conçue de ses mains. Ca n'est pas pour commander ou obéir. Quand
Mozart compose, c'est par besoin d'exprimer la beauté, pas pour commander ou
obéir. Galilée ne se souciait pas de hiérarchie (il aurait dû, vous auriez été
content et la terre serait toujours plate...)
Je ne suis pas dans la notion du commander/obéir, même si j’ai
parlé de subordonnant/subordonné pour le monde du travail. Dans le premier
message, j’ai énoncé : « C'est par
l'émulation et une certaine forme de compétition entre les classes sociales que
les sociétés avancent. C'est
par une volonté de toujours aller plus haut, de toujours vouloir sortir de sa
classe initiale que l'homme évolue. L'adaptation, au niveau humain, passe
notamment par un désir d'accomplissement, personnel et social ». Les
exemples (Mozart, l’ébéniste) se
retrouvent dans la dernière phrase.
Pendant des siècles, l’inégalité
sociale a été extrêmement marquée (les 3 ordres de la société sous l’Ancien
régime, puis entre la bourgeoisie et le monde ouvrier et paysan
essentiellement). La société avançait, mais avec des gouffres. Le développement
de l’école pour tous, jusqu’aux lois de 1881/82, a eu pour objectifs de faire
de ces enfants des citoyens responsables, plus libres, avec pour l’époque un
bagage minimum. Mais aussi, selon moi, de permettre à la jeune République de se
développer et d’avancer encore plus vite grâce à ces jeunes qui, pour
quelques-uns, réussiraient à passer tous les paliers de l’enseignement, et lui
apporteraient un nouveau souffle de part, justement, cette volonté de sortir d’une
classe sociale pour aller dans une autre. La soif de savoir et de connaissance est extérieure à l’inégalité
sociale : Maintenant, comme à l’époque, les jeunes ont une soif de
savoir et de connaissance pour se sortir de là où ils sont, ils ont, pour
beaucoup, une vision utilitariste des connaissances, ce sont des moyens pour
aller au-delà de leur point de départ.
L'inégalité engendre
frustration ou désir de domination, des conflits, des guerres, des génocides au
nom de l'inégalité, de l'esclavage.
Pour moi, l’inégalité sociale est un moteur pour, justement,
aller au-delà. Que font beaucoup de jeunes fils/filles dits « à Papa »,
pour beaucoup pas grand-chose, ils se laissent bercer dans un confort douillet,
ils n’ont plus vraiment d’envies, de désirs… Ils vont reprendre peut-être la
boîte à papa, après avoir été dans des boîtes à bac…

slynop- Nombre de messages: 212
Date d'inscription: 13/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Il me semble que la position de Jean-Dominique ne serait pas contredite par Pierre Kropotkine (auteur de "la morale anarchiste") et avec laquelle je suis également plutôt en accord: l'inégalité sociale comme fait naturel est le résultat des "fausses morales" imposées par "le prêtre, le juge, le gouvernant", et qu'au contraire "seul l'instinct d'entraide est le dépositaire des valeurs humaines à construire".
L'inégalité est le résultat du processus social, avec à la base l'inégalité de force: le plus fort s'octroie des privilèges qui lui permettent de pérenniser son avantage, et de le transmettre à sa descendance. Aujourd'hui encore, les régimes autoritaires ne survivent que du fait qu'ils détiennent le monopole de la force. C'est pour éviter cela que la constitution US permet la détention libre d'armes: éviter le monopole de la force par le gouvernement. Ca n'a pas vraiment marché, mais l'idée reste recevable.
Cela dit, pour en revenir à la question d'origine de Slynop et en mettant de côté l'aspect moral, il semble correct de penser que les sociétés inégalitaires sont un bon terreau pour le "progrès" technologique: l'Angleterre du 18eme ou les USA et l'Allemagne du 20eme sont des sociétés hautement inégalitaires au sein des quelles la raison d'être majeure est de grimper dans la classe supérieure. Il y a peut être un lien?
Je trouve que la France est un cas un peu difficile car il me semble que l'égalité officielle, constitutionnelle, a pour effet de geler les inégalités sociales: en gros, puisque l'égalité ici est officielle, toute tentative d'aller vers une "meilleure égalité" n'est que vil arrivisme...
L'inégalité est le résultat du processus social, avec à la base l'inégalité de force: le plus fort s'octroie des privilèges qui lui permettent de pérenniser son avantage, et de le transmettre à sa descendance. Aujourd'hui encore, les régimes autoritaires ne survivent que du fait qu'ils détiennent le monopole de la force. C'est pour éviter cela que la constitution US permet la détention libre d'armes: éviter le monopole de la force par le gouvernement. Ca n'a pas vraiment marché, mais l'idée reste recevable.
Cela dit, pour en revenir à la question d'origine de Slynop et en mettant de côté l'aspect moral, il semble correct de penser que les sociétés inégalitaires sont un bon terreau pour le "progrès" technologique: l'Angleterre du 18eme ou les USA et l'Allemagne du 20eme sont des sociétés hautement inégalitaires au sein des quelles la raison d'être majeure est de grimper dans la classe supérieure. Il y a peut être un lien?
Je trouve que la France est un cas un peu difficile car il me semble que l'égalité officielle, constitutionnelle, a pour effet de geler les inégalités sociales: en gros, puisque l'égalité ici est officielle, toute tentative d'aller vers une "meilleure égalité" n'est que vil arrivisme...

Rhubarbare- Nombre de messages: 221
Age: 48
Localisation: Bourgogne du Sud
Humeur: Plutôt constante
Date d'inscription: 29/07/2009

Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Il y'a une barrière entre égalité, équité , identité. Dans les faits nous ne sommes ni libre ni égaux ni fraternels ! La devise est une utopie , ce vers quoi il faut tendre , le but ultime à atteindre , en aucun cas une réalité à prendre en tant que tel.
L'inégalité facteur de progrès tout dépend des cas, mais on peut trouver des exemples et des contre exemples , pour moi l'agriculture a été un progrès ( même si certains considèrent que le sédentarisme est une regression...) et elle est purement basée sur l'inégalité, sur la pocession inégale , et l'exploitation. N'en a t'il pas été de même pour l'automobile à ses débuts?
Des usines de Fiat et Volvo ont tentés au début du 20ème siècle de laisser les travailleurs s'organiser seuls , sans hiérarchie . Au début cela a très bien marché , la production augmentant et la rentabilité aussi . Cependant il a fallu à un moment que quelqu'un se nomme coordinateur pour organiser le travail , les autres n'ont pas compris pourquoi un tel s'arrogeait le droit d'être une sorte de chef. Et l'expérience , pourtant bien commencé c'est soldée par un échec. Il est très rare de voir un travail s'effectuer sans subordonné/subordonnant , et pour moi ce n'est pas nécessairment une mauvaise chose puisque parfois les rapports sont très bons , on écoute avec attention les directives de quelqu'un qui n'est pas de notre sphère comme le garagiste , mais l'orgeuil fait généralement qu'un conseil avisé d'un collègue passe pour un ordre , ou pire encore qu'un ordre d'un collègue soit très mal reçcu car n'ayant aucune légitimité. Il faut toujours un leader quelque part , même si cela pose souvent de gros problèmes.
L'inégalité facteur de progrès tout dépend des cas, mais on peut trouver des exemples et des contre exemples , pour moi l'agriculture a été un progrès ( même si certains considèrent que le sédentarisme est une regression...) et elle est purement basée sur l'inégalité, sur la pocession inégale , et l'exploitation. N'en a t'il pas été de même pour l'automobile à ses débuts?
Des usines de Fiat et Volvo ont tentés au début du 20ème siècle de laisser les travailleurs s'organiser seuls , sans hiérarchie . Au début cela a très bien marché , la production augmentant et la rentabilité aussi . Cependant il a fallu à un moment que quelqu'un se nomme coordinateur pour organiser le travail , les autres n'ont pas compris pourquoi un tel s'arrogeait le droit d'être une sorte de chef. Et l'expérience , pourtant bien commencé c'est soldée par un échec. Il est très rare de voir un travail s'effectuer sans subordonné/subordonnant , et pour moi ce n'est pas nécessairment une mauvaise chose puisque parfois les rapports sont très bons , on écoute avec attention les directives de quelqu'un qui n'est pas de notre sphère comme le garagiste , mais l'orgeuil fait généralement qu'un conseil avisé d'un collègue passe pour un ordre , ou pire encore qu'un ordre d'un collègue soit très mal reçcu car n'ayant aucune légitimité. Il faut toujours un leader quelque part , même si cela pose souvent de gros problèmes.

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Il ne faut pas confondre l'oeuf et la poule.
Vouloir faire fonctionner une structure de production (usine) telle que nous la comprenons selon un principe égalitaire ne peut pas marcher puisque tout dans cette usine est conçu selon un système hiérarchique : les processus sont hiérarchique, la division du travail est hiérarchique, les machines elle-mêmes répondent à cette logique.
J'attire cependant votre attention sur les progrès de productivité que les usines ont connu lorsqu'elles se sont conçues de façon moins hiérarchique. Lorsque Taylor inventait la division du travail, il hiérarchisait fortement la production. Puis on s'est vite aperçu que l'aliénation du travail engendrait la déresponsabilisation des ouvriers. On s'est aperçu que cette hiérarchisation engendrait un besoin excessif de hiérarchie : contremaître, chef d'équipe, il y eut une inflation de niveau hiérarchiques intermédiaires. Cette production de hiérarchie a produit elle-même de la perte de productivité, de la bureaucratie.
Dans les années 60, avec l'automatisme, les usines s'orientent vers un autre modèle, fondé non plus sur la hiérarchie mais sur la compétence. L'ouvrier n'est plus posté à la chaine pour serrer un boulon, mais suit la production (sur un tapis roulant) pour finaliser une tâche du début à la fin. Désormais, un ouvrier place une boite de vitesse de A à Z. Résultat, augmentation de la productivité, diminution de la hiérarchie.
Slynop, la neurologie vous donne tort sur l'égalité intellectuelle à la naissance. A l'exception de pathologies, nous naissons tous avec les mêmes capacités intellectuelles, ce qui ne signifie pas qu'il s'agit de la même intelligence. Et le petit garçon à l'intelligence lourde et lente finira prix Nobel sous le nom d'Einstein...
Du point de vue physique, il en est de même : je mets en dehors les pathologies, les handicaps identifiés comme tels.
D'autre part vous partez d'un constat, certes réel, pour en faire une justification théorique. Par exemple vous constatez que les jeunes ont une conception utilitariste de l'acquisition de connaissances pour justifier une idéologie inégalitaire : non, vous prenez les choses à l'envers. L'acquisition de connaissances est un but en soi, même si pour certains, il s'agit d'un moyen. Parlons de la véritable acquisition de connaissances (et non pas d'un apprentissage) : le chercheur universitaire ne cherche pas à sortir de son milieu, au contraire, il y est très bien et le revendique. Il ne cherche pas à s'élever au dessus d'autres, il revendique la reconnaissance de son talent propre sans que cela n'induise une inégalité avec le talent des autres.
Je ne conteste pas que la motivation personnelle puisse être la reconnaissance sociale, mais cette reconnaissance sociale n'induit pas une inégalité mais une différentiation. L'égalité ne signifie pas le clonage d'individus identiques, elle peut parfaitement s'épanouir dans la différentiation des talents.
J'ai longtemps dirigé une entreprise avec un souci égalitaire. Cela signifiait que, lors des réunions, chacun évoquait sa solution et tâchait de convaincre les autres. S'il demeurait un hiatus, je faisais fonction d'arbitre. Mais l'arbitre n'est pas le chef du match : j'ai toujours laissé s'exprimer les arguments et celui qui emportait l'assentiment était en charge de l'application. Je me suis toujours rangé, en tant que patron, aux décisions de collaborateurs qui disposaient des compétences que je n'avais pas. Parallèlement, j'imposais les décisions dans les domaines où ma compétence était la plus forte. Il n'y avait pas de bureau directorial, pas même de différentiation de mobilier ni d'espace sacralisé du chef : seules comptaient les compétences, les arguments et la motivation à les défendre.
Que nous ayons des réflexes hiérarchiques, des réactions d'orgueil face à la compétence, c'est certain. C'est une petite vérole de l'esprit qu'il faut combattre, et certainement théorisé en système idéal. La bonne compétition, c'est contre soi-même qu'il faut la gagner, pas contre les autres. C'est cette compétition interne qui fait progresser le monde, la volonté de son propre dépassement, par rapport à soi-même et non par rapport à d'autres. Personnellement, quand je résouds un truc difficile, je suis content pour moi et je me fiche éperduement de savoir si un autre a échoué ou réussi.
Vouloir faire fonctionner une structure de production (usine) telle que nous la comprenons selon un principe égalitaire ne peut pas marcher puisque tout dans cette usine est conçu selon un système hiérarchique : les processus sont hiérarchique, la division du travail est hiérarchique, les machines elle-mêmes répondent à cette logique.
J'attire cependant votre attention sur les progrès de productivité que les usines ont connu lorsqu'elles se sont conçues de façon moins hiérarchique. Lorsque Taylor inventait la division du travail, il hiérarchisait fortement la production. Puis on s'est vite aperçu que l'aliénation du travail engendrait la déresponsabilisation des ouvriers. On s'est aperçu que cette hiérarchisation engendrait un besoin excessif de hiérarchie : contremaître, chef d'équipe, il y eut une inflation de niveau hiérarchiques intermédiaires. Cette production de hiérarchie a produit elle-même de la perte de productivité, de la bureaucratie.
Dans les années 60, avec l'automatisme, les usines s'orientent vers un autre modèle, fondé non plus sur la hiérarchie mais sur la compétence. L'ouvrier n'est plus posté à la chaine pour serrer un boulon, mais suit la production (sur un tapis roulant) pour finaliser une tâche du début à la fin. Désormais, un ouvrier place une boite de vitesse de A à Z. Résultat, augmentation de la productivité, diminution de la hiérarchie.
Slynop, la neurologie vous donne tort sur l'égalité intellectuelle à la naissance. A l'exception de pathologies, nous naissons tous avec les mêmes capacités intellectuelles, ce qui ne signifie pas qu'il s'agit de la même intelligence. Et le petit garçon à l'intelligence lourde et lente finira prix Nobel sous le nom d'Einstein...
Du point de vue physique, il en est de même : je mets en dehors les pathologies, les handicaps identifiés comme tels.
D'autre part vous partez d'un constat, certes réel, pour en faire une justification théorique. Par exemple vous constatez que les jeunes ont une conception utilitariste de l'acquisition de connaissances pour justifier une idéologie inégalitaire : non, vous prenez les choses à l'envers. L'acquisition de connaissances est un but en soi, même si pour certains, il s'agit d'un moyen. Parlons de la véritable acquisition de connaissances (et non pas d'un apprentissage) : le chercheur universitaire ne cherche pas à sortir de son milieu, au contraire, il y est très bien et le revendique. Il ne cherche pas à s'élever au dessus d'autres, il revendique la reconnaissance de son talent propre sans que cela n'induise une inégalité avec le talent des autres.
Je ne conteste pas que la motivation personnelle puisse être la reconnaissance sociale, mais cette reconnaissance sociale n'induit pas une inégalité mais une différentiation. L'égalité ne signifie pas le clonage d'individus identiques, elle peut parfaitement s'épanouir dans la différentiation des talents.
J'ai longtemps dirigé une entreprise avec un souci égalitaire. Cela signifiait que, lors des réunions, chacun évoquait sa solution et tâchait de convaincre les autres. S'il demeurait un hiatus, je faisais fonction d'arbitre. Mais l'arbitre n'est pas le chef du match : j'ai toujours laissé s'exprimer les arguments et celui qui emportait l'assentiment était en charge de l'application. Je me suis toujours rangé, en tant que patron, aux décisions de collaborateurs qui disposaient des compétences que je n'avais pas. Parallèlement, j'imposais les décisions dans les domaines où ma compétence était la plus forte. Il n'y avait pas de bureau directorial, pas même de différentiation de mobilier ni d'espace sacralisé du chef : seules comptaient les compétences, les arguments et la motivation à les défendre.
Que nous ayons des réflexes hiérarchiques, des réactions d'orgueil face à la compétence, c'est certain. C'est une petite vérole de l'esprit qu'il faut combattre, et certainement théorisé en système idéal. La bonne compétition, c'est contre soi-même qu'il faut la gagner, pas contre les autres. C'est cette compétition interne qui fait progresser le monde, la volonté de son propre dépassement, par rapport à soi-même et non par rapport à d'autres. Personnellement, quand je résouds un truc difficile, je suis content pour moi et je me fiche éperduement de savoir si un autre a échoué ou réussi.

Jean-Dominique- Nombre de messages: 286
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Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
" Sous" Taylor la productivité a cependant augmenté , même si il y'a eu des pertes en bureaucratie , c'est un fait.
Les hommes naissent libres et égaux et ensuite doivent se débrouiller. Laborit le dit très bien dans son Eloge de la fuite , les vies sont presques prétracées dès la naissance , on prend les codes de notre entourage , on se nourrit d eleur réflexion , on s'impregne de leur façon. Quoiqu'on en dise l'ascenseur social ne fonctionne pas très bien , et doit être gêré par la SNCF. 60% des enfants d'ouvriers deviennent ouvrier eux même et ne changent pas de catégorie socio-professionelle. Seulement 5 % à 10% d'entre eux deviennent cadre, pour ne citer que les ouvriers , mais les emplyés , les professions intémédiaire n'ont pas de meilleurs stats. L'influence du milieu est obligatoire . Je vais dire quelque chose de méchant , mais c'est une question de chance , comme dit Maxime le forestier : " on choisit pas sa famille on choisit pas ses parents , les trotoirs de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher".
La vie se charge de montrer que nous ne sommes pas égaux : devant les banquiers par exemple , encore une question de solvabilité. Nous ne sommes pas libre non plus puisque nous sommes influencés très fortement par notre entourage qui nous pousse à aller ou nous " devons" aller. Un enfant dont les deux parents sont polytechniciens DEVRA aller à polytechnique. J'ai un amis dont les deux parents sont profs de maths il se sent forçé d'aller en S et de faire des études scientifiques. Mais je n'énonce aucune révolution de pensée quand je dis ça.
Pour en revenir aux naissances, la pluralité est certes une richesse mais certains caractère de base ( bien qu'ils puissent être modelé par le milieu par la suite ) sont moins avantagés par la société actuelle. Il y'aura dont des disparités à la naissance , bien que la neurologie me donne tort. Mais c'est un sujet bien difficil.
Sans vouloir porter de jugement JD , tu étais chef d'entreprise si j'ai bien compris ( ouh , le méchant capitaliste !! c'est tendance hein :p ). Tu n'avais en quelque sorte rien à prouver à personne et tu es certainement arrivé là tout seul et sans aide ( tu es peut etre un contre argument à mon premier paragraphe) donc quand tu fais quelque chose il ets "normal" que tu le fasse pour toi. Quand on est plus bas dans la hiérarchie on cherche à prouver sa valeur , c'est une sorte de réflèxe automatique. J'ai en tête l'exemple d'un homme d'entretien dans une association dans laquelle j'ai fait plusieurs stage , il n'avait de cesse de montrer qu'il fesait bien , de montrer sa valeur , ses compétences.
Les hommes naissent libres et égaux et ensuite doivent se débrouiller. Laborit le dit très bien dans son Eloge de la fuite , les vies sont presques prétracées dès la naissance , on prend les codes de notre entourage , on se nourrit d eleur réflexion , on s'impregne de leur façon. Quoiqu'on en dise l'ascenseur social ne fonctionne pas très bien , et doit être gêré par la SNCF. 60% des enfants d'ouvriers deviennent ouvrier eux même et ne changent pas de catégorie socio-professionelle. Seulement 5 % à 10% d'entre eux deviennent cadre, pour ne citer que les ouvriers , mais les emplyés , les professions intémédiaire n'ont pas de meilleurs stats. L'influence du milieu est obligatoire . Je vais dire quelque chose de méchant , mais c'est une question de chance , comme dit Maxime le forestier : " on choisit pas sa famille on choisit pas ses parents , les trotoirs de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher".
La vie se charge de montrer que nous ne sommes pas égaux : devant les banquiers par exemple , encore une question de solvabilité. Nous ne sommes pas libre non plus puisque nous sommes influencés très fortement par notre entourage qui nous pousse à aller ou nous " devons" aller. Un enfant dont les deux parents sont polytechniciens DEVRA aller à polytechnique. J'ai un amis dont les deux parents sont profs de maths il se sent forçé d'aller en S et de faire des études scientifiques. Mais je n'énonce aucune révolution de pensée quand je dis ça.
Pour en revenir aux naissances, la pluralité est certes une richesse mais certains caractère de base ( bien qu'ils puissent être modelé par le milieu par la suite ) sont moins avantagés par la société actuelle. Il y'aura dont des disparités à la naissance , bien que la neurologie me donne tort. Mais c'est un sujet bien difficil.
Sans vouloir porter de jugement JD , tu étais chef d'entreprise si j'ai bien compris ( ouh , le méchant capitaliste !! c'est tendance hein :p ). Tu n'avais en quelque sorte rien à prouver à personne et tu es certainement arrivé là tout seul et sans aide ( tu es peut etre un contre argument à mon premier paragraphe) donc quand tu fais quelque chose il ets "normal" que tu le fasse pour toi. Quand on est plus bas dans la hiérarchie on cherche à prouver sa valeur , c'est une sorte de réflèxe automatique. J'ai en tête l'exemple d'un homme d'entretien dans une association dans laquelle j'ai fait plusieurs stage , il n'avait de cesse de montrer qu'il fesait bien , de montrer sa valeur , ses compétences.

Littlewingrunner- Nombre de messages: 3107
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Date d'inscription: 21/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Nathanaël, un chef d'entreprise n'arrive jamais tout seul et sans aide, cela n'existe pas. Et il doit faire ses preuves quotidiennement face à ses clients, ses financiers, ses collaborateurs. Tu n'imagines pas le nombre de patrons qui trichent avec les congés, comme n'importe quelle secrétaire ! Parce qu'ils ne veulent pas qu'on s'aperçoive qu'ils sont absents trop souvent.
D'autre part il faut se rendre compte que la dialectique patron/employé ne convient pas aux patrons dans l'ensemble. J'ai toujours eu conscience que je tenais le manche, parce que juridiquement, c'était le cas. Un pouvoir négatif : celui de virer. Au nom de ce pouvoir, toutes les relations sont faussées et il faut ramer dur pour estomper cette situation. Beaucoup de patrons souhaitent des rapports plus francs et directs : une engueulade ne m'a jamais posé de problème, j'entends une engueulade dont j'étais l'objet de la part d'un collaborateur. Et je connais plein de patrons qui préfèrent se faire engueuler plutôt qu'on leur laisse faire une connerie.
Il existe dans l'entreprise un phénomène de cour, qui joue davantage sur le privilège que sur la hiérarchie. Déjeuner avec le chef, passer régulièrement du temps avec lui pour causer, etc. Cela flatte l'ego et renforce la position du privilégié non pas auprès du chef, qui sait à quoi s'en tenir, mais dans l'imaginaire des autres. J'ai toujours connu trois catégories : les vrais pros, ils savent ce qu'ils valent, sont directs, amicaux mais pas flatteurs. Ils ne font pas une maladie si tu ne déjeunes avec eux tous les jours. Les pros incertains flatteurs : ceux-là, il faut les faire tourner au restaurant, tantôt l'un, tantôt l'autre, ils sont sensibles à toutes les marques de reconnaissance. Les pros incertains anti-patrons : pour eux, t'es le patron, tu ne peux rien faire, c'est une tare incurable. Ils ne sont pas agressifs, peuvent même rigoler avec toi, mais il y a une ligne jaune qu'ils ne franchissent pas. Par pro incertain, j'entends la grande majorité de gens qui n'ont pas confiance dans leurs capacités.
D'autre part il faut se rendre compte que la dialectique patron/employé ne convient pas aux patrons dans l'ensemble. J'ai toujours eu conscience que je tenais le manche, parce que juridiquement, c'était le cas. Un pouvoir négatif : celui de virer. Au nom de ce pouvoir, toutes les relations sont faussées et il faut ramer dur pour estomper cette situation. Beaucoup de patrons souhaitent des rapports plus francs et directs : une engueulade ne m'a jamais posé de problème, j'entends une engueulade dont j'étais l'objet de la part d'un collaborateur. Et je connais plein de patrons qui préfèrent se faire engueuler plutôt qu'on leur laisse faire une connerie.
Il existe dans l'entreprise un phénomène de cour, qui joue davantage sur le privilège que sur la hiérarchie. Déjeuner avec le chef, passer régulièrement du temps avec lui pour causer, etc. Cela flatte l'ego et renforce la position du privilégié non pas auprès du chef, qui sait à quoi s'en tenir, mais dans l'imaginaire des autres. J'ai toujours connu trois catégories : les vrais pros, ils savent ce qu'ils valent, sont directs, amicaux mais pas flatteurs. Ils ne font pas une maladie si tu ne déjeunes avec eux tous les jours. Les pros incertains flatteurs : ceux-là, il faut les faire tourner au restaurant, tantôt l'un, tantôt l'autre, ils sont sensibles à toutes les marques de reconnaissance. Les pros incertains anti-patrons : pour eux, t'es le patron, tu ne peux rien faire, c'est une tare incurable. Ils ne sont pas agressifs, peuvent même rigoler avec toi, mais il y a une ligne jaune qu'ils ne franchissent pas. Par pro incertain, j'entends la grande majorité de gens qui n'ont pas confiance dans leurs capacités.

Jean-Dominique- Nombre de messages: 286
Age: 50
Localisation: Champigny sur Marne / Pau
Date d'inscription: 02/08/2009
Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Nathanael a écrit:Quoiqu'on en dise l'ascenseur social ne fonctionne pas très bien , et doit être gêré par la SNCF. 60% des enfants d'ouvriers deviennent ouvrier eux même et ne changent pas de catégorie socio-professionelle. Seulement 5 % à 10% d'entre eux deviennent cadre, pour ne citer que les ouvriers , mais les emplyés , les professions intémédiaire n'ont pas de meilleurs stats. L'influence du milieu est obligatoire . Je vais dire quelque chose de méchant , mais c'est une question de chance , comme dit Maxime le forestier : " on choisit pas sa famille on choisit pas ses parents , les trotoirs de Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher".
Je pense qu'il ne fait pas perdre de vue non plus que si tous les ouvriers devenaient cadres, ca reviendraient en fait à faire que tous les cadres deviennent ouvriers, à moins d'arrêter la production et de faire des belotes entres cadres. Il vaut sans doute mieux être ouvrier avec du boulot, que cadre au chômage. Donc ce n'est pas seulement une forme de prédéterminisme social, mais aussi un ajustement à la réalité économique du moment. Il est évident qu'aujourd'hui, dans un pays comme la France, on a de moins en moins besoin d'ouvriers et de plus en plus besoin de techniciens spécialisés. Donc c'est plutôt la demande au niveau de l'emploi qui peut faire évoluer les statuts.

Rhubarbare- Nombre de messages: 221
Age: 48
Localisation: Bourgogne du Sud
Humeur: Plutôt constante
Date d'inscription: 29/07/2009

Re: De l'inégalité sociale comme vecteur du développement humain
Belle analyse psychologique des rapports patron/employés, J-D.
Elle me réconforte par rapport à certains préjugés que je pouvais avoir du sujet. Existerait-il des "psy" qui servent à autre chose que d'entuber le profane ?
Elle me réconforte par rapport à certains préjugés que je pouvais avoir du sujet. Existerait-il des "psy" qui servent à autre chose que d'entuber le profane ?
_________________
"Un cadavre, c'est le résidu-témoin de l'inconscience"
Sri Aurobindo.

grumpythedwarf- Nombre de messages: 8103
Localisation: Hic et nunc
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