le bonheur n'est jamais vraiment absolu, ni saisissable

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le bonheur n'est jamais vraiment absolu, ni saisissable

Message par louisguimel le Ven 15 Juin - 22:47

Je tiens à préciser tout d'abord, que le mot "insaisissable" ne veut pas dire : que l'on ne peut pas atteindre. Ce que j'ai veux dire, c'est qu'on ne peut pas le controler, le provoquer uniquement par la volonté car c'est une alchimie entre des éléments de notre propre perception. Toutefois, si on ne peut pas le provoquer, on peut favoriser ça venue, préparer un terrain favorable.


Selon moi, le bonheur est la résultante de l'adéquation entre la définition inconsciente que notre cerveau se construit et la perception de notre environnement en corrélation avec cette définition. Pour faire plus court, si le monde nous apparait comme notre idéal inconscient l'imagine, la magie opère.

Le bonheur est intérieur puisque qu'il émane d'une construction inconsciente. Toutefois, le cerveau est en attente de percevoir cette construction inconsciente dans le monde extérieur. Pour notre bonheur, nous disposons donc de 2 leviers: intérieur et extérieur. Agir sur notre construction inconsciente par introspection ou façonner notre réalité extérieure pour la faire correspondre avec celle-ci. Généralement je pense qu on fait un peu des deux.

Le bonheur est un idéal que l'on ne peut réaliser à 100%. L'inconscient fabrique un idéal qui ne s'embarrasse pas des contraintes de la réalité.


Subissons nous le dictat du bonheur ?
Dans certaines circonstances oui. Dans la mesure où notre vision du bonheur émane d'une construction inconsciente, elle est sujette à l'influence sociale. Quand la publicité nous donne sa définition du bonheur, elle parle avant tout à notre moi profond. Pour prendre un autre exemple, Mme Bovary n'est elle pas la victime sa propre construction mentale du bonheur façonné par son milieu ?

La philosophie peut nous aider à être mieux. Elle peut aiguiser notre esprit et déjouer les idées pré-formatées de notre société qui font de nous des victimes des canons du bonheur.


Dernière édition par louisguimel le Dim 17 Juin - 13:26, édité 2 fois
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Re: le bonheur n'est jamais vraiment absolu, ni saisissable

Message par Opaline le Sam 16 Juin - 11:56

louisguimel a écrit:(...) on ne peut pas le controler, le provoquer uniquement par la volonté car c'est une alchimie entre des éléments de notre propre perception. Toutefois, si on ne peut pas le provoquer, on peut favoriser ça venue, préparer un terrain favorable.

(...) Le bonheur est intérieur puisque qu'il émane d'une construction inconsciente (...) Pour notre bonheur, nous disposons donc de 2 leviers: intérieur et extérieur. Agir sur notre construction inconsciente par introspection ou façonner notre réalité extérieure pour la faire correspondre avec celle-ci. Généralement je pense qu on fait un peu des deux.

(...) Dans la mesure où notre vision du bonheur émane d'une construction inconsciente, elle est sujette à l'influence sociale.

Dans l'ensemble, je partage ta vision des choses quant au bonheur mais cependant, si je suis d'accord avec cette idée de "construction inconsciente", je pense que la quête du bonheur est avant tout un état d'esprit - tu parles justement de "terrain favorable" - et en cela, c'est avec une pleine conscience de l'idéal que l'on désire ardemment atteindre que l'on chemine à sa recherche, glanant de-ci de là des fragments de bonheur qui sont autant de petites et de grandes joies et qui constituent son bonheur personnel et par le fait même, sera source de grandes satisfactions, de quiétude, de bien-être et de sérénité ; l'homme heureux et conscient de son bonheur n'est-il pas un sage ?

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Re: le bonheur n'est jamais vraiment absolu, ni saisissable

Message par Littlewingrunner le Sam 16 Juin - 16:48

J'ai une remarque totalement formelle est inutile mais je suis pointilleux sur les titres : peux-tu écrire "absolu" sans "e" dans le titre s'il te plait? Very Happy

Tout d'abord je trouve ta démarche louisguimel fort bonne, définir le terme a toujours été une bonne méthode car souvent on en vient à parler de choses dont on ne sait pas à quoi elles correspondent.

En revanche je suis quelque peu sceptique sur ton hypothèse du bonheur comme résultant d'un inconscient, qu'est ce qui peut étayer cela ? D'ailleurs il me semble qu'il faudrait quelque explications sur cela : " Agir sur notre construction inconsciente par introspection ou façonner notre réalité extérieure pour la faire correspondre avec celle-ci. Généralement je pense qu on fait un peu des deux. " : on ne peut agir sur l'inconscient par la simple introspection puisqu'on n'a justement nullement conscience de ce dont on n'est pas conscient, cela semble entraîner une faille logique de réduction à l'infini ou de cercle logique.

En revanche je suis près à admettre que l'inconscient façonne un idéal qui n'a pas de lien direct avec la réalité dans ton hypothèse : cela se rapproche du principe de plaisir chez Freud, qui est totalement tourné vers soi même et pas vers le monde et doit être nuancé par le principe de réalité qui fait la possibilité d'une conciliation entre le désir et la nécessité ( sociale par exemple). Mais dans cette hypothèse comme chez Freud cela veut dire que c'est la société qui brime l'individu et l'empêche d'être heureux car elle opère toujours des contraintes sur lui pour le vivre-ensemble. C'est une conception dite sollispsistique du bonheur : il faut que le monde obéisse à nos désir pour être heureux, ce qui est quelque peu limité à mon sens comme hypothèse.

En effet il faut penser ainsi que le bonheur coïncide avec l'effectuation du désir inconscient et donc le libre court individuel à ses passions. Mme Bovary ( là aussi l'orthographe, je suis un fan de Flaubert excuse moi ) peut effectivement être influencé par son milieu social dans la conception du bonheur : la petite bourgeoisie, l'aisance matérielle, les ballades en après-midi, la semi-oisiveté de la fin du siècle... Mais justement si on reprend le roman à la lettre elle est contre ses conventions et pour elle le réel l'enferme même si elle vit une vie de petite bourgeoise : elle est prisonnière de son imaginaire romantique et de ses lectures à l'eau de rose, de sa vision héroïque de l'amour. C'est sa vision fausse ( selon Flaubert puisqu'il la moque pleinement ) du bonheur qui la mène à sa perte.

C'est là ou je m'oppose quelque peu à ton idée. Le bonheur : on voit rien qu'à la formulation du mot qu'il s'agit quelque chose d'éphémère : une bonne heure, c'est un concept circonscrit dans le temps. Les publicitaires l'ont compris en ce sens qu'ils cherchent à créé une pulsion instantanée vers l'achat. Mais c'est une vision faussée car on impulse le désir, auquel succède l'envie, qui est une perte. D'ou la formule de Schopenhauer : l'homme est une pendule balançant entre la souffrance ( le désir : l'absence de quelque chose) et l'envie.

C'est pourquoi je récuse une conception relativiste du bonheur, non pas que chacun puisse trouver son bonheur dans de différentes circonstances, mais qu'il y'a une démarche que l'on peut trouver, sans jamais être sûr d'y arriver. Certains produits chimiques ( drogues) constituent un bonheur factice : le concentré d'extasie par exemple ( MD ) qui fait monter le taux de sérotonine à 120% et conduit à une euphorie ou on se sent en harmonie avec le monde, mais on en ressent le contrecoup par une dépression plus ou moins violente quand l'effet retombe. Le bonheur n'est pas quelque chose que l'on doit chercher, mais que l'on doit laisser arriver dès lors : chaque tentative pour trouver le bonheur est un échec : la vie matérielle est un gouffre incessant entre souffrance et ennui qui conduit les riches et les puissants à des frasques de plus en plus grande pour se sentir être ( le film de Cronenberg Cosmopolis est un exemple, on peut penser historiquement aux orgies de Tibère, aux folies de Néron, ou de DSK plus récemment), la recherche du plaisir par l'expérience mène à l'artifice de la drogue. C'est un état d'esprit ouvert qu'il faut avoir, non pas de vouloir réaliser son désir en le plaquant sur le monde, comme notre désir inconscient, mais comme une ouverture de la conscience ( qui est projetée vers le monde comme conscience d'un objet ) à ses éléments.

Je vais donner un exemple très concret et personnel, qui servira d'illustration plus que de démonstration spéculative : je joue de la musique, de la basse, et il m'arrive de jammer, c'est à dire de jouer avec d'autres musiciens pour improviser sur le moment selon l'inspiration que l'on a. Il m'est arrivé, très rarement, de ressentir qu'un climat spécifique se formait, il n'y avait pas de bloquage comme souvent ou on sent qu'il faut pousser la chose pour qu'elle fonctionne et que le morceau sonne. Une sorte d'osmose perçue ou on sent que tout ce que l'on fait peut réussir et ou effectivement tout sonne juste et en harmonie avec l'ensemble. Je crois pleinement que cette expérience donne 2 éléments constitutifs du bonheur comme je crois l'avoir perçu, et je vais essayer d'en former un concept.

1/ Il n'est pas attendu mais consiste dans une libération de l'esprit de soucis extérieur et en une ouverture de la conscience à ce qui l'entoure lui permettant d'entrer en contact plein avec l'autre sans la médiation de choses extérieures ou de conventions - la politesse, l'image, la fierté, la richesse, l'artifice par exemple.

2/ Le deuxième aspect qu'il me semble important, il est l'effet d'une intégration dans un groupe, et n'est donc pas sollispsistique comme j'ai pu le nommer, c'est le fait de se sentir dépassé par une tout plus grand dont on est, non pas une partie, mais un élément confondu. Une forme d'harmonie.

Je te remercie d'avoir proposé ce sujet ( normalement les sujets sur le bonheur me gonflent profondément ) car cela m'a permis moi aussi de constituer un concept du bonheur auquel je n'avais pas pensé, j'ai véritablement essayé de répondre à ta question de façon spontanée.
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Message par louisguimel le Dim 17 Juin - 13:51

Effectivement, j'ai un petit peu massacré Mme Bovary Orthographiquement ... Embarassed
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Message par louisguimel le Dim 17 Juin - 15:02

Littlewingrunner, je vais essayer de te répondre par morceaux.

Concernant l'introspection, oui, l'inconscient est inacessible. Mon idée, c'est plutot d agir en soit mais indirectement, en prennant de la distance par rapport à certains de nos fantasmes ou pulsions. On ne peut pas voir son inconscient mais je pense qu'on peut en voir ses effets et agir indirectement sur ce dernier.
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Re: le bonheur n'est jamais vraiment absolu, ni saisissable

Message par louisguimel le Dim 17 Juin - 17:34

Comme tu le résume bien "Le bonheur résultant d'un inconscient" est un des socles de ma vision du bonheur avec le principe d'harmonie.
Cela n'empêche en rien de construire son bonheur. Bonheur plus grand si on le construit avec autrui. Mais. cette construction si elle veut aboutir doit composer avec l'inconscient individuel et collectif. La tolérance, la compréhension et le dialogue sont des outils puissants pour harmoniser nos idéaux profonds.
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Message par louisguimel le Dim 17 Juin - 18:22

Pour ce qui est ton point 2: l'intégration dans le groupe. Il me semble que la satisfaction d'être intégré à un groupe est un moteur très puissant. Cette aspiration est inscrite au plus profond de nous même et se manifeste dès le plus jeune age. Je pense qu'elle est lié à l'histoire de notre espèce, un homo sapiens sapiens qui n'est pas intégré au groupe était voué à mourir.
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Message par louisguimel le Dim 17 Juin - 19:58

pour ton point 1, je suis d'accord. Ne pas souffrir d'angoisses liés aux problèmes du quotidien, apprécier son environnement et faire preuve de contemplation sont des éléments puissant dans l'alchimie du bonheur. Mais ces éléments sont construits dans notre inconscient individuel et collectif. L'inconscient collectif lié à la contemplation est fortement conditionnés par nos penseurs et nos artistes
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Message par louisguimel le Dim 17 Juin - 20:01

et c'est là que prend fin mon post découpé
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Message par louisguimel le Dim 17 Juin - 20:10

Opaline a écrit:
louisguimel a écrit:(...) on ne peut pas le controler, le provoquer uniquement par la volonté car c'est une alchimie entre des éléments de notre propre perception. Toutefois, si on ne peut pas le provoquer, on peut favoriser ça venue, préparer un terrain favorable.

(...) Le bonheur est intérieur puisque qu'il émane d'une construction inconsciente (...) Pour notre bonheur, nous disposons donc de 2 leviers: intérieur et extérieur. Agir sur notre construction inconsciente par introspection ou façonner notre réalité extérieure pour la faire correspondre avec celle-ci. Généralement je pense qu on fait un peu des deux.

(...) Dans la mesure où notre vision du bonheur émane d'une construction inconsciente, elle est sujette à l'influence sociale.

Dans l'ensemble, je partage ta vision des choses quant au bonheur mais cependant, si je suis d'accord avec cette idée de "construction inconsciente", je pense que la quête du bonheur est avant tout un état d'esprit - tu parles justement de "terrain favorable" - et en cela, c'est avec une pleine conscience de l'idéal que l'on désire ardemment atteindre que l'on chemine à sa recherche, glanant de-ci de là des fragments de bonheur qui sont autant de petites et de grandes joies et qui constituent son bonheur personnel et par le fait même, sera source de grandes satisfactions, de quiétude, de bien-être et de sérénité ; l'homme heureux et conscient de son bonheur n'est-il pas un sage ?

Je pense qu'être en paix avec soit même est une voix d'accès au bonheur. Le bonheur ne se commande pas mais on peut semer les fleurs de son jardin et le partager avec celui des autres
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